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SASU : qui peut être président, comment le nommer et quel statut lui appliquer ?

Dirigeant Par Aurélie Vidalenc Mis à jour le 6 septembre 2026
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La SASU séduit de nombreux entrepreneurs parce qu’elle combine une gouvernance simple et une grande liberté d’organisation. Cette souplesse repose pourtant sur un point central, le président. C’est lui qui représente la société, signe les actes courants et porte, selon sa rémunération, un statut social très différent.

Comprendre la SASU avant de nommer son président

La SASU, société par actions simplifiée unipersonnelle, est une SAS avec un seul associé. Elle peut exercer de nombreuses activités commerciales, artisanales, libérales ou industrielles, sous réserve des règles propres à certaines professions réglementées. Son fonctionnement repose sur une logique très statutaire : beaucoup de règles sont fixées dans les statuts plutôt qu’imposées par un cadre rigide.

Contrairement à une SAS classique, où plusieurs associés organisent collectivement la gouvernance, la SASU repose sur un associé unique. Celui-ci prend les décisions importantes, approuve les comptes, modifie les statuts et désigne le dirigeant. Il peut être lui-même président ou nommer une autre personne.

Une SASU doit avoir un seul président. D’autres organes peuvent être prévus, comme un directeur général, mais le président reste l’organe obligatoire de représentation. C’est pourquoi il faut rédiger les statuts avec soin et préciser la durée du mandat, les pouvoirs, la rémunération éventuelle et les conditions de révocation.

Qui peut être président de SASU et comment le désigner ?

Un président associé ou extérieur à la société

Le président de SASU peut être l’associé unique, ce qui est le cas le plus courant dans les petites structures. Il peut aussi être une personne extérieure, par exemple un dirigeant expérimenté, un membre de la famille, une holding ou une autre société. Le président peut donc être une personne physique ou une personne morale.

Des limites existent toutefois. Une personne frappée d’une interdiction de gérer, d’une faillite personnelle ou soumise à une incompatibilité professionnelle ne peut pas exercer librement cette fonction. Lorsque le président est une personne morale, elle agit par l’intermédiaire de ses propres dirigeants, ce qui doit être anticipé pour éviter toute confusion dans les signatures et les pouvoirs.

Statuts ou acte séparé : le choix pratique

La nomination du président peut figurer dans les statuts ou dans un acte de nomination séparé. Le premier président est généralement nommé dès la constitution, dans les statuts. Pour les nominations suivantes, l’acte séparé présente un avantage pratique : en cas de changement de président, il évite d’avoir à modifier les statuts si ceux-ci ne mentionnent pas nominativement le dirigeant en fonction.

Mode de nomination Avantage Point de vigilance
Dans les statuts Solution claire dès la création Modification statutaire possible en cas de changement
Par acte séparé Plus souple pour remplacer le président L’acte doit être conservé et cohérent avec les statuts

La durée du mandat peut être déterminée, par exemple trois ou cinq ans, ou indéterminée. Si rien n’est prévu avec précision, les situations de blocage deviennent plus probables au moment d’une révocation, d’une démission ou d’un renouvellement.

Rémunération et protection sociale : ce qui change vraiment

La rémunération n’est pas obligatoire

Le président de SASU peut être rémunéré ou non. Cette liberté permet de préserver la trésorerie au démarrage, notamment lorsque la société n’a pas encore de chiffre d’affaires régulier. La rémunération peut être fixe, variable, composée d’avantages en nature ou décidée ponctuellement selon les résultats.

Lorsqu’une rémunération est versée, elle doit être décidée dans les formes prévues par les statuts ou par une décision de l’associé unique. Il est conseillé de formaliser clairement le montant, la périodicité et les éventuels avantages afin d’éviter les contestations ou les incohérences comptables.

Président rémunéré : le statut d’assimilé salarié

Le président rémunéré relève du régime des assimilés salariés. Il est affilié au régime général de la sécurité sociale pour sa protection sociale, mais il reste mandataire social : il ne devient pas salarié au sens du droit du travail du seul fait de son mandat.

Conséquence importante : le président de SASU ne bénéficie pas de l’assurance chômage au titre de son mandat social. Un cumul avec un contrat de travail peut être envisagé, mais seulement si les conditions sont réunies, notamment des fonctions techniques distinctes, une rémunération séparée et un véritable lien de subordination. En pratique, ce cumul est délicat lorsque le président est aussi associé unique.

Président non rémunéré : une économie, mais pas de couverture liée au mandat

En l’absence de rémunération, il n’y a pas de cotisations sociales dues au titre du mandat. C’est attractif pour limiter les charges, mais cela signifie aussi qu’aucune protection sociale n’est générée par cette fonction. Le dirigeant doit donc vérifier s’il dispose d’une couverture par ailleurs : ancien emploi, maintien temporaire de droits, autre activité, conjoint, retraite ou dispositif spécifique.

Fiscalité du président : salaire, dividendes et régime d’imposition

Le traitement fiscal dépend du régime choisi par la société. Si la SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du président est imposée entre ses mains dans la catégorie des traitements et salaires. Pour la société, cette rémunération est en principe déductible du résultat imposable, à condition d’être justifiée et non excessive.

Si la SASU relève de l’impôt sur le revenu, la logique change. La rémunération du président associé n’est pas imposée comme un salaire distinct et n’est pas déductible dans les mêmes conditions. Les bénéfices remontent fiscalement selon la nature de l’activité, notamment en BIC, BNC ou BA.

Les dividendes suivent un régime différent de la rémunération. Ils constituent des revenus de capitaux mobiliers et peuvent être soumis au PFU ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Ils ne rémunèrent pas un travail de direction, ils correspondent à une distribution de bénéfices après décision de l’associé unique.

Revenu Nature Effet principal
Rémunération Contrepartie du mandat Protection sociale si elle est versée
Dividendes Distribution de bénéfices Fiscalité des revenus de capitaux mobiliers

Pouvoirs, responsabilité et changement de président

Des pouvoirs larges, mais encadrés

Le président représente la SASU à l’égard des tiers. Il dispose des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société, dans la limite de l’objet social. Les statuts peuvent prévoir des autorisations préalables pour certains actes, comme un emprunt important, une cession d’actif ou la conclusion d’un contrat stratégique.

Il faut toutefois distinguer l’organisation interne et les relations avec les tiers. Une limitation statutaire peut engager la responsabilité du président envers la société s’il ne la respecte pas, mais elle n’est pas toujours opposable aux tiers. Autrement dit, un contrat signé par le président peut engager la SASU même si, en interne, il aurait dû demander l’accord de l’associé unique.

Dans la pratique, le président concentre les décisions, les signatures et les risques de gestion. Prévoir des seuils d’autorisation, une traçabilité des décisions et un registre bien tenu ne ralentit pas forcément l’entreprise ; cela sécurise les décisions sensibles et réduit les risques de contestation.

Responsabilité civile, pénale et fiscale

Le président peut voir sa responsabilité engagée en cas de faute de gestion, de violation des statuts, d’infraction ou de manquement fiscal. La responsabilité civile vise notamment les dommages causés à la société ou à des tiers. La responsabilité pénale peut être recherchée en cas d’infractions liées à la gestion. La responsabilité fiscale peut aussi être en cause dans certaines situations de manœuvres ou de négligences graves.

Fin du mandat et formalités de changement

Les fonctions du président peuvent cesser pour plusieurs raisons : arrivée du terme du mandat, démission, révocation, décès, dissolution de la société ou impossibilité d’exercer. Les statuts doivent idéalement préciser la procédure de révocation, l’existence ou non d’un préavis et les conditions d’une éventuelle indemnisation.

En cas de changement de président, la SASU doit formaliser la décision, généralement par un procès-verbal de l’associé unique, publier un avis sur un support d’annonces légales, remplir le formulaire M3 et déposer le dossier de modification au Guichet Unique. Cette étape met à jour les informations légales de la société et sécurise les pouvoirs du nouveau dirigeant.