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CGV d’une société : B2B, B2C, opposabilité et clauses à éviter

Vie de la société Par Aurélie Vidalenc Mis à jour le 14 septembre 2026
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Les conditions générales de vente d’une société ne sont pas un simple document juridique à copier-coller en bas d’un site. Elles fixent les règles de la vente, du paiement à la livraison, des garanties au règlement des litiges. Bien rédigées et bien communiquées, les CGV sécurisent la relation commerciale avant qu’un désaccord n’apparaisse.

À quoi servent les CGV dans une société ?

Les conditions générales de vente encadrent les ventes de biens et les prestations de services conclues par une société avec ses clients. Elles précisent les droits et obligations du vendeur et de l’acheteur, en complément du devis, du bon de commande ou du contrat signé.

Comparatif des conditions générales de vente société entre B2C et B2B
Comparatif des conditions generales de vente societe entre B2C et B2B

Leur utilité est très concrète : éviter les malentendus sur les délais, les modalités de paiement, les garanties applicables ou les conséquences d’un retard. En B2B, elles servent aussi de base à la négociation commerciale, conformément à l’article L.441-1 du Code de commerce.

Les CGV aident à cadrer toute la relation commerciale. Avant la vente, elles informent le client. Pendant l’exécution, elles organisent la livraison, le paiement et les responsabilités. Après la vente, elles prévoient les garanties, la médiation ou le tribunal compétent. Cette lecture permet aussi d’identifier des points souvent négligés, comme l’acompte non remboursable, le délai d’intervention, l’archivage du contrat, la preuve d’acceptation ou le traitement d’une réclamation.

CGV, CGU et conditions particulières : trois documents à distinguer

Les CGV organisent la vente

Les CGV concernent la transaction commerciale. Elles répondent à une question simple : à quelles conditions la société vend-elle son produit ou son service ? Elles doivent donc coller à l’activité réelle, qu’il s’agisse d’e-commerce, de prestation intellectuelle, de maintenance, de vente de marchandises, d’abonnement ou de fabrication sur mesure.

Les CGU encadrent l’usage d’un service

Les conditions générales d’utilisation, ou CGU, poursuivent un autre objectif. Elles définissent les règles d’utilisation d’un site, d’une application ou d’une plateforme : création de compte, comportement interdit, suspension d’accès, propriété intellectuelle, modération. Une société peut avoir des CGU sans vendre directement, et des CGV sans plateforme complexe.

Les conditions particulières priment souvent sur le cas précis

Les conditions particulières de vente complètent les CGV pour une opération déterminée : remise spécifique, délai exceptionnel, livraison fractionnée, prix négocié. Elles permettent d’adapter le cadre général sans réécrire tout le document. Il faut toutefois éviter les contradictions entre le devis, le contrat et les CGV.

Mentions obligatoires : ce qui change entre B2C et B2B

Le contenu des CGV dépend du client visé. Une société qui vend à des consommateurs n’a pas les mêmes obligations qu’une société qui vend exclusivement à des professionnels.

Point à prévoir Vente à un consommateur Vente entre professionnels
Information avant la vente Obligation d’information claire avant la conclusion du contrat, selon le Code de la consommation Communication des CGV à tout acheteur professionnel qui en fait la demande
Paiement Prix total, frais, moyens de paiement, moment du débit Conditions de règlement, pénalités de retard, indemnités pour frais de recouvrement
Livraison ou exécution Délais, modalités, restrictions éventuelles Délais, transfert des risques, modalités logistiques ou d’intervention
Garanties Garantie légale de conformité et garantie des vices cachés Garanties contractuelles, exclusions encadrées, réserves à la réception
Rétractation Droit de rétractation ou exceptions applicables En principe non applicable, sauf accord contractuel

En B2C, les CGV doivent notamment aborder le droit de rétractation, les garanties légales, les modalités de livraison, le service après-vente, le médiateur de la consommation, la protection des données à caractère personnel et, lorsque c’est pertinent, les conditions d’archivage du contrat.

En B2B, les mentions attendues portent notamment sur le barème des prix unitaires, les réductions de prix, les escomptes, les conditions de règlement, les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Le document peut aussi prévoir une clause de réserve de propriété, une clause de force majeure ou une clause attributive de compétence, sous réserve de validité.

Comment rendre les CGV opposables au client ?

Avoir des CGV ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir prouver que le client en a eu connaissance et les a acceptées avant de s’engager. C’est le cœur de l’opposabilité.

Sur un site internet, les CGV doivent être accessibles avant le paiement, idéalement via un lien visible près du bouton de commande et une case d’acceptation non précochée. Pour une vente hors ligne, elles peuvent figurer au devis, être jointes au contrat ou être transmises par courrier électronique avant signature.

Le support durable compte beaucoup. L’arrêt de la CJUE de 2012 a rappelé qu’un simple renvoi vers un site web ne suffit pas toujours si le client ne peut pas conserver les informations de manière stable. L’arrêt de la Cour de cassation du 9 juin 2021 va dans le même sens : les CGV doivent avoir été effectivement portées à la connaissance du cocontractant.

En pratique, une société a intérêt à conserver plusieurs preuves : version datée des CGV, email d’envoi, devis signé, case d’acceptation, horodatage de commande, copie PDF ou archive du contrat. Ces éléments deviennent précieux en cas de litige.

Clauses utiles, clauses risquées et réflexes de conformité

Les clauses qui sécurisent vraiment

Certaines clauses facultatives renforcent la protection de la société lorsqu’elles sont adaptées et équilibrées. C’est le cas de la réserve de propriété, qui permet au vendeur de conserver la propriété du bien jusqu’au paiement complet, ou de la force majeure, utile pour encadrer les événements imprévisibles qui empêchent l’exécution normale du contrat.

Pour les prestations de services, les CGV peuvent aussi préciser le périmètre exact de la mission, les obligations du client, les délais de validation, les frais supplémentaires, les conditions d’annulation et les limites de responsabilité. Ces précisions évitent qu’un forfait devienne, en pratique, une mission illimitée.

Les formulations à éviter

Une clause trop déséquilibrée peut fragiliser l’ensemble du document. En B2C, les clauses abusives sont particulièrement surveillées : exclusion totale de responsabilité, suppression injustifiée des garanties légales, frais disproportionnés, droit de modification unilatérale trop large. En B2B, le risque porte aussi sur le déséquilibre significatif entre les parties.

Les CGV doivent donc être personnalisées, lisibles et cohérentes avec la réalité commerciale. Un modèle de CGV peut servir de base, mais il doit être relu à l’aune de l’activité, du type de client et du circuit de vente. Le bon réflexe consiste à vérifier trois points avant diffusion : les mentions obligatoires sont présentes, l’acceptation est prouvable et aucune clause ne promet l’inverse de ce que l’entreprise fait réellement.